DIVERSITÉ BIOLOGIQUE ÉTAT ET PRODUCTIVITÉ DES ÉCOSYSTÈMES SOL ET EAU CONTRIBUTION AUX CYCLES ÉCOLOGIQUES PLANÉTAIRES AVANTAGES ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX RESPONSABILITÉ DE LA SOCIÉTÉ
Cycle du carbone
Indicateur 4.1.1 - Variation nette de la quantité de carbone dans les écosystèmes forestiers Indicateur 4.1.2 - Stockage du carbone dans les écosystèmes forestiers, par type forestier et par classe d'âge Indicateur 4.1.3 - Variation nette de la teneur en carbone des produits forestiers Indicateur 4.1.4 - Émissions de carbone par le secteur forestier
Indicateur 4.1.3 - Variation nette de la teneur en carbone des produits forestiers
Indicateur de base


Comme le démontrent plusieurs des indicateurs du Critère 5, les vastes forêts diversifiées du Canada forment la base d'une solide industrie forestière. Conjugués aux produits forestiers non ligneux, les produits en bois de première et seconde transformation contribuent pour plusieurs milliards de dollars au PIB du pays et fournissent des emplois directs et indirects à des centaines de milliers de Canadiennes et de Canadiens.

Lors de l'extraction des produits ligneux de la forêt, le carbone présent dans les arbres est transféré dans ces produits et peut y rester emprisonné pendant des jours, des années, voire des décennies. Par conséquent, même si l'exploitation des forêts ne rejette pas immédiatement de carbone dans l'atmosphère, les produits forestiers finiront par en libérer lorsqu'ils se décomposeront ou brûleront. Il est important de comprendre le cycle de vie du carbone dans les produits forestiers pour mieux connaître les effets potentiels de cet élément sur le bilan global du carbone du Canada. Cette analyse facilitera, à son tour, l'élaboration de stratégies nationales visant à atténuer l'impact des émissions de carbone sur les changements climatiques.

La durée du cycle de vie du carbone stocké dans les produits forestiers dépendra généralement du mode de transformation qu'ils ont subi et de leur utilisation finale. Prenons l'exemple des pâtes et papiers : leur carbone peut avoir un cycle de vie très court, si ces produits sont brûlés, ou relativement long, si ces produits sont enfouis dans des décharges où ils ont une vitesse de décomposition très lente.

Cet indicateur se fonde sur le suivi des principaux produits forestiers du Canada qui comprennent les sciages, le panneaux dérivés du bois, les autres types de bois d'industrie, le papier et le carton ainsi que la pâte commerciale. Il fournit une estimation de l'évolution des stocks de carbone dans les produits forestiers se trouvant au Canada. De nouvelles estimations pourront être établies à mesure que seront élaborées des méthodes mondialement acceptées de comptabilisation du carbone des produits ligneux récoltés afin d'en rendre compte en vertu d'ententes internationales comme le Protocole de Kyoto. Pour les besoins de cet indicateur, la variation nette de la teneur en carbone des produits forestiers tient compte de la quantité nette de carbone apportée par les importations et les exportations et de la quantité rejetée dans l'atmosphère par les produits forestiers se trouvant au Canada.

Puisque le calcul de la variation de la teneur en carbone comprend les importations et les exportations, les augmentations ou diminutions dont fait état cet indicateur ne témoignent pas nécessairement de l'échange réel de carbone avec l'atmosphère. Les émissions atmosphériques liées au devenir des importations sont incluses, mais non pas celles liées au devenir des exportations. La méthodologie et certaines des données utilisées dans le présent rapport ont été fournies par Environnement Canada (Dominique Blain, Environnement Canada, comm. pers., 2005). Toutes les données sur la production et le commerce intérieurs ont été tirées de la base de données publique FAOSTAT, sauf celles sur la pâte commerciale qui proviennent du Conseil des produits des pâtes et papiers (Pulp and Paper Products Council, 2004).

La variation de la teneur en carbone des produits forestiers se calcule de la façon suivante :
consommation de produits - émissions
consommation de produits = production intérieure + importations - exportations
et
émissions = émissions de la production de l'année courante + émissions des produits déjà dans le réservoir à long terme.
Puisque la décomposition cumulative des produits des années précédentes influe sur la variation nette de la teneur en carbone des produits forestiers, les estimations présentées pour 2000 à 2003 peuvent être raffinées par l'ajout des données les plus anciennes sur les produits forestiers. Pour tenir compte des émissions héritées des années antérieures et déclarées ici pour 2002-2003, on a examiné les données sur la production et le commerce jusqu'en 1961, la première année pour laquelle des données à cet égard figurent dans la base de données publique FAOSTAT (FAOSTAT, Bases de données statistiques de la FAO, 2005).

La figure 4.1d illustre la variation de la teneur en carbone des produits forestiers. Le bilan de l'année courante (variation des stocks de carbone due à la consommation de l'année courante ) combiné aux émissions des années antérieures (émissions héritées) donne la variation nette du carbone. Les stocks de carbone des produits forestiers ont augmenté au cours de la période (les nombres positifs indiquent une augmentation des stocks). L'augmentation a été la plus forte en 1990, soit 5 Mt de carbone par an, et la plus faible en 1992; elle va croissant depuis 1992, ayant atteint en 2003 un peu plus de 4,5 Mt de carbone par an. La variation que laisse voir l'indicateur s'explique par des variations de la consommation de produits tout au long de la période (figure 4.1e). Les émissions héritées ont augmenté graduellement au cours de la période. Puisque les quantités apportées aux stocks de produits forestiers au cours des années précédentes influent sur ces émissions héritées, cette valeur est sensible au nombre d'années antérieures à la période pour lesquelles des données sont disponibles. Le commerce de produits avant 1961 est envisagé afin d'améliorer l'estimation des émissions héritées, ce qui aurait vraisemblablement pour effet de réduire l'accroissement des stocks de carbone des produits forestiers. Un autre facteur influant sur cette estimation est le fait que les données sur la transformation et le commerce des produits finis ne sont pas prises en compte. Si ces produits étaient représentés, ils auraient tendance à faire augmenter la variation des stocks de carbone des produits forestiers.

Figure 4.1d

Figure 4.1d Variation de la teneur en carbone des produits forestiers au Canada de 1990 à 2003.

Figure 4.1e

Figure 4.1e Consommation de produits (production intérieure + importations - exportations) au Canada de 1990 à 2003.

La variation des stocks de carbone due aux produits forestiers est relativement faible en comparaison de celle de l'écosystème forestier, mais elle constitue néanmoins un élément important du cycle global du carbone. Pour préciser davantage les données utilisées pour cet indicateur, on examine actuellement d'autres facteurs, comme la disponibilité de données historiques, l'inclusion d'autres produits et l'alignement de la méthodologie avec celle des Indicateurs 4.1.1 et 4.1.2 (couplage avec les données du nouveau modèle canadien du bilan du carbone en cours de développement) (Apps et al., 1999).