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Indicateur 4.1.4 - Émissions de carbone par le secteur forestier
Indicateur de base
Les concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre augmentent sous l'effet des activités humaines, en raison principalement des émissions de dioxyde de carbone (CO2) issues de l'utilisation de combustibles fossiles. Dans son évaluation de 2001, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) a conclu qu'il est de plus en plus évident qu'une bonne part du réchauffement observé au cours des 50 dernières années est due aux activités humaines (IPCC, 2001). Pour s'attaquer à ce problème, plus de 185 pays, dont le Canada, ont ratifié la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) de 1992, dont l'objectif est de stabiliser les concentrations de GES dans l'atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique. Le Protocole de Kyoto à la CCNUCC (1997) établit des objectifs précis de limitation des émissions pour les pays industrialisés pour l'horizon 2008-2012. Ratifié par le Canada a en 2002, le Protocole est entré en vigueur en février 2005, et des négociations internationales ont été entamées à la fin de 2005 sur les mesures à prendre après 2012. La réduction des émissions de GES dans tous les secteurs industriels, grâce à l'amélioration de l'efficacité énergétique et à l'emploi de sources d'énergie plus propres, aidera le Canada à atteindre l'objectif de la CCNUCC. Cet indicateur fait état des émissions estimatives de GES du secteur forestier que Ressources naturelles Canada a compilées pour la période de 1980 à 2002 en utilisant les facteurs d'émission d'Environnement Canada (émissions par unité d'énergie) et les données sur la consommation d'énergie de Statistique Canada. Toutes les activités qui utilisent des combustibles fossiles émettent du CO2, mais aussi de petites quantités de méthane (CH4) et d'oxyde nitreux (N2O); les trois gaz sont donc inclus dans les estimations. Aux fins du regroupement des données, les émissions de CH4 et de N2O, gaz plus puissants, sont exprimées en équivalents CO2, calculés à l'aide des facteurs de conversion du GIEC. Le secteur forestier se compose des sous-secteurs de la foresterie et de l'exploitation forestière, de la fabrication de la pâte et du papier ainsi que de la fabrication de produits en bois.1 Toutes ensemble, ces industries utilisent de grandes quantités d'énergie pour récolter, transporter et transformer du bois destiné à la production de pâtes, de papiers, de sciages et d'autres produits ligneux. Premier consommateur industriel d'énergie au Canada, le secteur forestier émet des quantités considérables de GES. Certains combustibles fossiles sont plus propres que d'autres. Ainsi, le gaz naturel émet moins de GES par unité d'énergie que le pétrole raffiné. Certaines sources d'énergie, comme l'énergie hydro-électrique et l'énergie nucléaire, ne produisent pas d'émissions. La bioénergie, comme les copeaux de bois ou la liqueur noire dans les usines de pâte, est considérée comme neutre sur ce plan puisque les émissions qu'elle produit sont déjà incluses dans les estimations des variations des stocks de carbone des écosystèmes forestiers (Indicateur 4.1.1). Dans ce rapport, les émissions directes et indirectes de GES sont combinées. Les émissions directes résultent de l'utilisation de combustibles fossiles par le secteur forestier, tandis que les émissions indirectes sont associées aux combustibles fossiles brûlés pour produire l'électricité que le secteur forestier achète. L'électricité est une importante source d'énergie pour le secteur, notamment pour les producteurs de pâtes et papiers; les émissions indirectes sont donc prises en compte, car elles donnent une image plus complète des émissions totales du secteur forestier. Puisque l'électricité est distribuée par un réseau, il est difficile de déterminer avec exactitude le combustible utilisé pour produire le courant acheté par le secteur. Les émissions indirectes sont donc estimées à l'aide des facteur d'émission de GES moyens pour l'électricité produite par les services publics au Canada. Les estimations fournies ici ne s'appliquent qu'aux sous-secteurs de la foresterie et de l'exploitation forestière et de la fabrication de pâtes et papiers, car le manque d'uniformité dans les données nous empêche d'élaborer un ensemble complet de données sur l'énergie et les émissions pour le sous-secteur de la fabrication de produits en bois entre 1980 et 2002. Toutefois, les produits en bois ne comptaient que pour environ 8 % de la consommation d'énergie et pour 14 % des émissions (directes et indirectes) du secteur forestier de 1995 à 2002. Les émissions résultant des services de transport utilisés par le secteur ne figurent pas non plus dans les estimations. La consommation sectorielle de combustibles fossiles (charbon, produits pétroliers raffinés et gaz naturel) a légèrement diminué entre 1980 et 2002, tandis que les sources d'énergie non polluantes ont considérablement augmenté (figure 4.1f). Ainsi, la part de la bioénergie dans la consommation totale d'énergie du secteur est passée de 47 % en 1980 à plus de 55 % en 2002, et celle de l'énergie hydro-électrique et de l'énergie nucléaire, de 13 à 18 %. Plus de 70 % de l'électricité nécessaire au secteur provient maintenant de centrales hydro-électriques et nucléaires non polluantes, le reste provenant de l'utilisation de combustibles fossiles et, dans une mesure beaucoup moindre, de la bioénergie.
Figure 4.1f Sources d'énergie du secteur forestier. Données Mises à jour : PDF | Excel Même si de grandes variations s'observaient pendant la période à l'étude, les émissions de GES du secteur étaient en 2002 au même point qu'en 1980, en dépit d'une augmentation de 23 % de la consommation d'énergie (figure 4.1g). Une progression remarquable de l'efficacité énergétique (augmentation de la production par unité d'énergie consommée) et du recours aux combustibles plus propres (figure 4.1f) ont contribué à limiter la croissance de la consommation d'énergie et des émissions, tandis que la production de pâtes et papiers a augmenté de plus de 30 %.
Figure 4.1g Émissions de GES et consommation totale d'énergie. Données Mises à jour : PDF | Excel Les émissions directes ont diminué de près de 40 % au cours de la période à l'étude surtout en raison des réductions importantes de l'utilisation de produits pétroliers raffinés (figure 4.1h). Parallèlement, les émissions indirectes du secteur attribuables à la production d'électricité à partir de combustibles fossiles ont presque doublé, surtout parce que l'électricité est la source d'énergie qui a connu la plus forte croissance dans le secteur. L'utilisation accrue des combustibles fossiles par les producteurs d'électricité est un autre facteur contribuant.
Figure 4.1h Émissions de GES par type de combustible. Données Mises à jour : PDF | Excel Les données présentées ici sont représentatives des tendances dans le secteur forestier. Toutefois, l'inclusion de données complètes sur la consommation d'énergie et les émissions dans le soussecteur des produits en bois et dans les services de transport utilisés par le secteur depuis 1980 permettrait assurément d'améliorer cet indicateur. 1. Pour les besoins de cet indicateur, le secteur forestier comprend les industries suivantes dont les codes du Système de classification des industries de l'Amérique du Nord (SCIAN) sont donnés entre parenthèses : foresterie et exploitation forestière (SCIAN 113), activités de soutien à la foresterie (SCIAN 1153), fabrication du papier (SCIAN 322), y compris les usines de pâte, de papier et de carton, et fabrication de produits en bois (SCIAN 321). |