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5.3 Durabilité des avantages
Pour garantir à la fois la durabilité des ressources et le maintien d’un flux satisfaisant d’avantages, il faudrait se garder de solliciter les ressources au-delà de leur capacité de fournir à long terme un large éventail de biens et de services. Une industrie forestière en santé et rentable est nécessaire pour assurer à la population canadienne des avantages économiques durables. Un taux de rendement concurrentiel du capital investi est indispensable aux industries forestières du Canada si elles veulent attirer les capitaux dont elles ont besoin pour continuer à fournir des emplois et des revenus à la population canadienne. La possibilité annuelle de coupe (PAC, Indicateur 5.3.1) est le moyen systématiquement utilisé pour réglementer le niveau de récolte sur les terres publiques. Il n’existe pas de taux de récolte unique et idéal pour une forêt donnée, mais plutôt une fourchette de taux qui sont jugés durables, d’après les meilleures données scientifiques disponibles. Étant donné qu’aucun niveau cible de récolte n’est prescrit par la loi sur les terres privées, fédérales et territoriales, il peut y être plus difficile de garantir la durabilité des ressources, malgré les objectifs particuliers de récolte que fixent parfois les gestionnaires de ces terres. Le total des récoltes dans l’ensemble des provinces et des territoires du Canada est encore très en deçà de la PAC totale du pays. Bien souvent, le niveau de récolte et la valeur des produits forestiers non ligneux (PFNL, Indicateur 5.3.2) ne sont pas comptabilisés dans les statistiques officielles. Même si les PFNL représentent actuellement une portion relativement mineure de la production totale de l’industrie forestière, ils peuvent néanmoins jouer un rôle socio-économique capital à l’échelon régional. Ils contribuent à l’économie rurale en fournissant des emplois, souvent saisonniers, et ils offrent d’excellentes occasions de faire progresser et de promouvoir la durabilité et le développement sociaux, même si le niveau de récolte durable de la plupart de ces produits n’a pas encore été fixé. La répartition équitable du flux d’avantages financiers provenant du secteur forestier entre les gouvernements, les entreprises et les travailleurs de l’industrie est importante pour l’aménagement durable des forêts (Indicateur 5.2.2). Pour maintenir ce flux continu d’avantages économiques pour la population canadienne, il faut que le secteur forestier demeure, de son côté, concurrentiel à l’échelle internationale et attire des investissements. Un taux de rendement du capital investi (RCI) dans le secteur forestier (Indicateur 5.3.3), qui est concurrentiel à l’échelle nationale et internationale, est essentiel pour attirer les capitaux nécessaires à l’amélioration de la productivité des activités de ses divers sous-secteurs (Indicateur 5.3.4). Grâce à ces capitaux, l’industrie conservera également sa capacité d’assurer une stabilité économique en fournissant de l’emploi (Indicateur 5.3.5) et des revenus (Indicateur 5.3.6) à la population canadienne. Au Canada, le taux de rendement du capital investi (RCI) dans le secteur forestier a été moindre que celui du secteur manufacturier et de l’ensemble de l’économie pendant la majeure partie du début et de la fin des années 1990. Depuis 1999, il est toutefois à peu près semblable au RCI moyen de l’ensemble de l’économie canadienne. Mais une étude du RCI global moyen dans le secteur forestier masque les variations considérables du RCI d’un sous-secteur à l’autre. Selon une étude récente (APFC, 2003), le RCI variait, ces derniers temps, de très faible (secteur de la pâte commerciale) à très élevé (secteur des produits en bois), en passant par modérément faible (secteur du papier). La productivité mesure l’efficacité avec laquelle les industries du secteur forestier transforment les intrants en extrants (Indicateur 5.3.4). Les tendances de la productivité d’un sous-secteur forestier à l’autre présentent des variations considérables. De 1997 à 2002, la croissance de la productivité globale moyenne du travail dans le secteur forestier (4,96 %) a dépassé celle de la productivité moyenne de tous les secteurs d’activité du Canada. La croissance de la productivité du travail dans les sous-secteurs des produits du bois (7,07 %), de l’exploitation et des services forestiers (3,56 %) et du papier et produits connexes (2,92 %) a surpassé la moyenne de tous les secteurs d’activité du pays. Les emplois dans le secteur forestier (Indicateur 5.3.5) contribuent énormément à l’économie canadienne. Ils sont une source importante de bien-être économique durable pour la population canadienne et les collectivités tributaires des ressources. Dans l’ensemble, ils sont demeurés relativement stables. Dans la dernière décennie et même avant, le nombre d’emplois dans le sous-secteur de l’exploitation et des services forestiers ainsi que dans celui du papier et produits connexes a diminué, tandis qu’il a augmenté dans celui des produits en bois, bien que les trois sous-secteurs aient connu des baisses en 2004 et 2005. De plus, l’industrie forestière génère 1,7 emploi indirect ou induit dans d’autres secteurs de l’économie canadienne. Par conséquent, plus de 500 000 emplois dans d’autres secteurs de l’économie dépendent de l’activité économique dans le secteur forestier. Les travailleurs du secteur forestier créent ces emplois indirects et induits en partie en dépensant leurs revenus. Le revenu moyen dans les principales catégories d’emploi du secteur forestier (Indicateur 5.3.6) met donc aussi en évidence l’importance relative de ce secteur pour l’économie canadienne et pour le bien-être économique durable de la population canadienne. Le revenu moyen dans les industries forestières canadiennes a tendance à être plus élevé que celui de l’ensemble des industries manufacturières canadiennes. |